Le Mans 2014

Ouest France - 4 mai 2014

Hier, une association dédiée à la culture médiévale s'est promenée dans la cité Plantagenêt, avec des costumes d'époque. Pittoresque.dourdan

« Montjoie ! Saint-Denis ! »
Midi, samedi. A l'heure où résonnent les cloches de la cathédrale Saint-Julien, le cri de guerre des Capétiens s’échappe d'une troupe bigarrée.

Vêtue de tenues médiévales : longues capes colorées, chaperons en peau de lapin, médailles argentées de fleurs de lys, dagues et cornes de vaches à la ceinture…
Nouveau tournage d'un film d'époque ? Perdu. Les costumés font partie de l'association des Compagnons Philippiens, basée à Dourdan, dans l’Essonne, célèbre pour son château du XIIIè siècle construit sur ordre du roi Philippe-Auguste. « Tous les ans nous visitons une ville ancienne, cette année c'est Le Mans », confie Didier Busson, alias Jean de Troyes, venu avec ses compagnons en terre ennemie : Philippe-Auguste s'est battu contre les Plantagenêt, Richard Cœur de Lion et la reine Bérengère, enterré au Mans. « Depuis on a fait la paix », rigole cet employé de la IMG_1974banque de France, déguisé en maître d'armes, chapeau en feutre couvert de haches, albardes, lances, fléaux, pommes piquante, attrapes-coquin et autres guisarmes.

« Un besoin de revenir aux racines »

« Mon personnage est un boucher qui se révoltait contre les seigneurs », explique Didier, dont la troupe anime des fêtes médiévales. Messires et Damoiselles interviennent aussi dans des écoles ou des maisons de retraite, pour raconter un bout d'histoire de France. Et Moyen Âge : la façon de manger, de s'habiller, les coutumes, la construction des objets… Chaque membre de l'association incarne ainsi une figure : taillandier, tisserands, vanier, bourrelier, enlumineur, brodeuse, archers, forgerons, apothicaires, herborist de savoureuses anecdotes sur la vie quotidienne au e, soldats, calligraphes… « L’idée, c'est vraiment de montrer les outils, les gestes et les techniques d'autre fois ». Passéiste? Nenni, affirme Jean de Troyes : « Les gens sont demandeurs. il y a un besoin de revenir aux racines. »

Frédéric III° crée des vitraux Manceau

il s'appelle Frédéric Troisième, ce surprenant patronyme, héritage d'un aïeul orphelin recueillis par l’Assistance publique, sonne comme celui d'une ligne de rois et lui va comme un gans.
Ce chevelu aux épaisses rouflaquettes brunes réalise des vitraux signé Frédéric III°. Des créations ou des reproductions nées au Mans, dans son atelier de la Grande-Rue, face au conservatoire.

Son adhésion à l'association des Compagnons Philippiens ? « Un hasard, je les ai rencontrés lors d'une expo à Dourdan. Ils m'ont ensuite adoubé », raconte le vitrailliste, baptisée par ses pairs IMG_0546« Passe-lumière », clin d'œil au titre d'un ouvrage d'un maître verrier. L’idée de faire vivre un artisanat en voie de disparition séduit l’artiste, capable de travailler des tableaux contemporains ou de s'inspirer de scènes profanes ou religieuses du XIIème au XVIème siècle. Pour ceux qui n'auraient pas encore sa carte de visite, reluquez son chapeau : le feutre est piqué de petits vitraux et bijoux de verre.